Ekokook, Ekovores ? / L’outil de l’actualité culturelle

Par Maria Sève

Une idée simple : réduire les déchets, l’impact carbone… Faltazi a dessiné un bloc cuisine écolo : l’Ekokook. Une idée déclinée aussi à l’échelle d’un quartier. Utopiste ?

Une petite agence nantaise où germe un projet de réflexion globale autour de l’éco-habitat… Las de trier les ordures ménagères et de récupérer la flotte du lavage des légumes pour arroser les plantes les designers Laurent Lebot et Victor Massip inventent un bloc cuisine ultra-écolo : l’Ekokook. Bloc qui intègre des modules efficaces : pour trier les déchets papier et verre (compactage) ; pour recycler les déchets organiques (compost maison) ; pour récupérer l’eau peu sale et alimenter le lave-vaisselle (recyclage) et pour stocker intelligemment les denrées utiles en cuisine,achetées of course sans emballage… Exit Mobalpa et Cie, vive l’Ekokook ! L’idée séduit, mais reste le faire… Les vieux groupes industriels du vieux continent étant plus sensibles à la couleur verte lorqu’elle est imprimée sur des dollars, l’Ekokook ne trouve pas d’écho auprès des partenaires potentiels d’ici… C’est en Russie ou au Brésil que des contact sont pris, pour passer qui sait, à la phase prototype et réalisation… Il faut vivre d’espoir…

Les doux designers poursuivent leur travail au sein de Falzati et imaginent un « projet-système » en complément des blocs Ekokook. Il vise à créer des quartiers-fermes, ultra modernes et générateurs d’emplois : les Ekovores. Où l’utopie urbaine d’une ville équipée et pensée pour limiter au maximum l’impact écologique et favoriser les échanges en périphérie proche. Rêvons un peu : des poulaillers collectifs sur les toits des immeubles (en forme de cocotes géantes) et Père Poule qui vend les oeufs ; des urbapiculteurs au travail sur d’autres toits… des maîtres-toilettes sèches en lieu et place des dames pipi et sur l’eau (pour pallier au manque de place) des « soupiers » (marchands de soupes ambulants), des marchés flottants temporaires… et des jardins flottants ! Ces deux néo-bretons pas si fous ne sont pas à court d’idées. Nantes, élue « Capitale verte de l’Europe pour 2013 » réfléchit déjà à des études de faisabilité. Le maire a donné le feu vert pour que le quartier de la création soit équipé d’un corridor vert avec un poulailler urbain, des ruches, un composteur, des toilettes sèches. Un début…

Quand on veut, on peut dit l’adage… Chez Faltazi on souhaite juste pouvoir laisser un autre monde – qu’un tas d’ordure géant – aux générations de demain ! Merci messieurs ! Nous on s’étonne que les collectivités ne se soient pas jetées tant sur l’Ekokook (ou sur l’un de ses îlots conçus aussi pour être utiles isolés) afin d’équiper les cuisines des collectivités ou que des villes n’intègrent pas tout de suite le projetsystème des Ekovores pour leurs futurs quartiers… Les concepteurs ont par contre presque bouclé une boucle : depuis l’invention de la poubelle (par M. Poubelle à Caen) en passant par les premier modèles de cuisine intégrée (Allemagne, 1926) jusqu’à la Cité Radieuse du Corbusier la vraie cité radieuse d’un demain, espérons-le, pas si lointain, sera-t-elle celle des Ekovores ?

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