Ekovores : la ville en court-circuit / La semaine dans le Boulonnais

Comment recréer du lien entre producteur et consommateur dans les villes d’aujourd’hui et favoriser les circuits-courts ? Défendant la mise en place d’une économie circulaire à échelle locale, les Ekovores esquissent une réponse en forme de cercle vertueux.

Quand deux ambitieux designers nantais décident de concevoir pour leur ville un projet de développement durable valorisant les ressources locales, biologiques et saisonnières, cela donne le projet Ekovores. Sur la base d’idées très concrètes, Victor Massip et Laurent Lebot, les deux membres atypiques de l’agence Faltazi, ont ainsi imaginé une nouvelle façon de vivre la ville, en plaçant l’autonomie alimentaire au cœur de son fonctionnement. Poulaillers urbains, marchés flottants, fermes péri-urbaines, composteurs de quartier… : à travers une série d’équipements innovants, la cité prototype imaginée par ces deux artistes se développe autour d’un circuit fermé et autoalimenté où, du producteur au consommateur et du produit au déchet, rien ne se perd et tout se valorise. Si le projet n’existe à l’heure actuelle que sous la forme virtuelle d’une série de petits films présentés sur le site dédié à cette initiative, il ne semble pas pour autant totalement utopique. Désignée « Capitale verte européenne 2013, la ville de Nantes pourrait bien d’ici là jouer les pionnières en adoptant quelques-uns de ces étonnants modules. Présentation en quelques éléments de mobilier urbain annonciateurs d’une nouvelle ère…

Produire en ceinture verte
Organisés en communauté, les Ekovores valorisent les friches en bordure des villes pour une production agricole en polyculture. Louées à des maraîchers et à des éleveurs de proximité qui produisent directement pour les quartiers voisins, ces friches servent à l’implantation de fermes préfabriquées, baptisées « fermes d’urgence », dont l’objectif est de créer, en quelques années, une véritable ceinture verte en périphérie urbaine. Installées en quelques jours sur des fondations légères, ces exploitations alliant confort, efficacité et innovation écologique permettent de développer en très peu de temps une filière locale opérationnelle. Associées à ces fermes, des serres maraîchères faites de toile et de tubes articulés sont judicieusement orientées sur la parcelle pour capter le soleil. Des modules poulaillers, pensés pour le confort et l’hygiène des gallinacés, complètent cette panoplie fermière et offrent à l’agriculteur un appoint financier non-négligeable par le biais d’une belle production d’œufs.

Produire en ville
Réintroduisant la production agricole au cœur même des villes, les Ekovores cultivent des jardins familiaux flottants. Ces barges potagères, implantées sur les rives, permettent la production de légumes et l’échange de savoir-faire au cœur de l’agglomération. Attribués aux jardiniers amateurs, ces lopins se combinent et se juxtaposent pour profiter pleinement du soleil et créer un vaste paysage maraîcher sur l’eau. Non loin, des « serres-tunnels » installées sur les berges, proposent une déambulation bucolique au milieu des efflorescences de thym, de basilic et de céleri.
Pour accueillir des abeilles dans les quartiers, les Ekovores installent des ruches de ville. Plantés au cœur des ronds-points et exploités par des « urbapiculteurs », ces équipements sur pilotis articulés offrent un refuge aux abeilles dont l’existence est fortement menacée par l’utilisation de pesticides en milieu rural.

Distribuer, transformer, valoriser
Pour transporter et distribuer au fil de l’eau les productions maraîchères, les Ekovores ont imaginé des barges-marchés qui, en quelques heures, lèvent l’ancre, pour se reformer, à quelques encablures, dans un quartier voisin. Favorisant le système des Amap, les designers prévoient également une écurie de remorques spécifiques qui se transforment en modules d’accueil et de préparation des paniers. Pour la transformation des denrées, des conserveries et des légumeries sont implantées dans la ville. Enfin, la valorisation des déchets est assurée par une combinaison de toilettes sèches et de composteurs publics ainsi que de récupérateurs d’eaux pluviales collectifs installés en façade.

Pour aller plus loin : • Une exposition est organisée à Paris jusqu’à la fin de l’année dans les locaux du Sommer Environnement,39 bd Beaumarchais, 75003 Paris
Tél. : 01 77 45 36 50

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