Et si demain la ville était plus verte ? Télérama n° 3225

Des poulaillers citadins fourniront les œufs, des potagers flottants et des fermes péri-urbaines les fruits et les légumes… Avec des idées très concrètes, deux designers nantais veulent “permettre aux citadins de se réapproprier leur alimentation”.

Imaginons une ville où l’on se nourrirait en quasi-totalité de produits agricoles cultivés sans engrais chimiques, en pleine terre, à moins de 10 kilomètres du cen­tre, et distribués par des circuits courts. Le miel proviendrait de ruches urbaines, les œufs de poulaillers citadins. Les rues seraient équipées de toilettes publiques sèches (à compost) dessinées avec soin, et les excréments humains récupérés pour fournir de l’engrais aux fermes péri-urbaines. De nouvelles relations se tisseraient, de nouveaux métiers apparaîtraient : arroseur de potagers, urbapiculteur, gérant d’une conserverie de quartier…

Cette révolution « urbagricole », deux designers nantais, Laurent Lebot et Victor Massip, de l’agence Faltazi, l’ont anticipée : ils en ont déjà conçu circuits, emplois, équipements, moyens de transports… « Nous voulons sortir de cette logique de consommation et aider les citadins à se réapproprier leur alimentation », explique Laurent Lebot.

Pour l’instant, le projet n’existe qu’à l’état virtuel dans de petits films, mais nos deux inventeurs sont en pourparlers avec les élus de Nantes pour l’étudier avec les habitants. Avis aux maires des grandes villes : si l’iPhone et l’iPad ont changé nos vies, pourquoi pas les toilettes sèches ?

Xavier de Jarcy